Le GPL, ou gaz de pétrole liquéfié, a connu un regain d’intérêt ces dernières années grâce à son prix à la pompe inférieur à celui de l’essence.
Mais cette alternative, pourtant promue par certaines politiques publiques à la fin des années 2010, semble désormais perdre du terrain.
Les garagistes constatent une multiplication des problèmes techniques et un désintérêt croissant des constructeurs pour ce type de motorisation.
Un carburant en déclin malgré des débuts prometteurs
Les statistiques du Comité Français du Butane et du Propane (CFBP) montrent qu’entre 2018 et 2023, le nombre d’immatriculations de véhicules neufs au GPL a chuté de près de 40 %.
AutomobileAutomobilistes : c’est confirmé, la vitesse maximale sur l’autoroute va passer à 150 km/h à partir de cette date en République tchèqueEn cause : des coûts d’entretien plus élevés que prévu et une offre constructeur qui se raréfie. Renault, Dacia ou Fiat proposaient encore récemment des modèles bi-carburation essence-GPL. Aujourd’hui, seule Dacia maintient timidement quelques versions « ECO-G » dans son catalogue européen.
Ce recul s’explique aussi par l’évolution rapide des politiques environnementales. Les ZFE (zones à faibles émissions), déjà en vigueur dans plusieurs métropoles comme Lyon ou Grenoble, privilégient les motorisations électriques ou hybrides rechargeables. Le GPL, bien qu’émettant moins de CO₂ que l’essence, reste dépendant d’une ressource fossile.

Le témoignage d’un professionnel qui alerte
« Je dis clairement à mes clients : arrêtez d’équiper vos voitures au GPL. Ça n’a plus aucun sens aujourd’hui », affirme Jacques Merlet, garagiste indépendant à Clermont-Ferrand depuis vingt ans. « Les kits d’adaptation sont chers, les pièces deviennent introuvables et les moteurs souffrent souvent après quelques années. Les économies promises ne sont plus au rendez-vous. »
Selon lui, beaucoup d’automobilistes reviennent vers l’essence classique après avoir cumulé les pannes de soupapes ou rencontré des difficultés à faire entretenir leur système GPL. La disparition progressive des stations distribuant ce carburant accentue le problème : la France compte moins de 1 500 points de distribution contre plus de 10 000 pour le sans-plomb.
Des contraintes mécaniques sous-estimées
Installer un kit GPL nécessite une adaptation fine du moteur et un entretien régulier du système d’injection spécifique. Or beaucoup de garages généralistes ne disposent plus du matériel ni des compétences nécessaires pour effectuer ces interventions correctement.
| Élément technique | Fréquence d’entretien | Coût moyen (en €) |
|---|---|---|
| Réservoir GPL (contrôle obligatoire) | Tous les 10 ans | De 400 à 700 € selon modèle |
| Détendeur / vaporiseur | Tous les 60 000 km | Entre 250 et 450 € |
| Système d’injection spécifique | Tous les 30 000 km (réglage) | Environ 150 € |
L’entretien régulier impose donc un suivi rigoureux qui efface rapidement le gain initial sur le carburant. Les automobilistes négligent souvent ces révisions faute de garages qualifiés proches de chez eux.
L’écart économique se réduit face aux autres énergies
Pendant longtemps, le principal argument en faveur du GPL reposait sur son prix attractif à la pompe — parfois jusqu’à deux fois moins cher que le sans-plomb 95. Mais avec la hausse générale des coûts logistiques et la fiscalité fluctuante sur les carburants fossiles, cet avantage s’est nettement réduit.
- Prix moyen du GPL en France en décembre dernier : environ 0,97 €/L selon le ministère de la Transition énergétique.
- Prix moyen du SP95-E10 : environ 1,82 €/L.
- Surconsommation moyenne liée au GPL : +20 % par rapport à l’essence.
- Bilan final : une économie réelle inférieure à 10 % sur un usage normal.
Les hybrides non rechargeables offrent désormais une alternative crédible avec des coûts d’utilisation similaires et une empreinte carbone plus faible. Même sur le marché de l’occasion, les véhicules électriques commencent à concurrencer sérieusement le GPL en termes de coût global sur cinq ans.

Une page qui se tourne lentement mais sûrement
L’avenir du GPL automobile en France semble compromis. Ni les constructeurs ni l’État ne misent réellement sur cette technologie dans leurs plans climatiques à horizon 2030. Le plan « France Mobilités Vertes » met désormais tout l’accent sur l’électrification progressive du parc roulant et sur la production locale d’hydrogène renouvelable pour les flottes professionnelles.
« Je préfère prévenir mes clients plutôt que réparer leurs erreurs dans trois ans », conclut Jacques Merlet avec réalisme. « Le GPL a eu sa place pendant un temps. Aujourd’hui, c’est une impasse mécanique et économique. »
L’avertissement est clair : si le GPL a permis pendant deux décennies à certains automobilistes d’alléger leur facture carburant, il ne répond plus aux enjeux techniques ni économiques actuels. Les choix énergétiques se déplacent vers des solutions mieux soutenues par les politiques publiques et par l’industrie automobile elle-même.



Donc en gros, on nous a vendu du rêve pour rien… encore une fois 😒
C’est marrant, mon oncle roule au GPL depuis 10 ans sans souci. Peut-être une question d’entretien ?
Merci pour cet article, ça éclaire bien les enjeux techniques. On comprend mieux pourquoi les garagistes sont réticents.
Franchement, je suis étonné. J’étais persuadé que le GPL revenait à la mode avec les prix de l’essence !