La plupart des Français ignorent si leurs empreintes figurent dans un fichier policier. Pourtant, ces données biométriques sont précieuses, autant pour l’enquête judiciaire que pour la protection des libertés individuelles. Comprendre comment ces empreintes sont collectées et savoir si elles sont conservées par les autorités est devenu une préoccupation légitime.
D’où viennent ces millions d’empreintes enregistrées ?
En France, deux grands fichiers gèrent les empreintes digitales : le **FAED** (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales), géré par la **Police nationale**, et le **TES** (Titres Électroniques Sécurisés), administré par le **ministère de l’Intérieur**. Le FAED contient principalement les empreintes relevées lors d’interpellations ou de procédures judiciaires. Le TES, lui, regroupe celles issues des cartes d’identité et passeports biométriques.
Selon la **Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ)**, le FAED comptait déjà plus de 6 millions d’enregistrements à la fin de l’année 2024. En additionnant les données du TES, on atteint environ 12 millions d’individus dont les empreintes sont stockées dans les systèmes nationaux.
« Quand on m’a dit que mes empreintes étaient dans le fichier alors que je n’avais jamais eu affaire à la justice, j’ai voulu comprendre pourquoi », raconte Julien M., ingénieur à Lyon. « J’ai fini par apprendre qu’elles provenaient simplement du renouvellement de mon passeport. »

Comment savoir si vos empreintes figurent dans un fichier policier ?
Contrairement à ce que beaucoup pensent, il est possible — sous certaines conditions — de vérifier si ses empreintes figurent dans un fichier géré par l’État. La procédure dépend du fichier concerné :
- Pour le FAED : il faut adresser une demande écrite à la **Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)**. Cette demande doit être accompagnée d’une copie d’un justificatif d’identité et préciser le motif de vérification.
- Pour le TES : aucune consultation individuelle directe n’est prévue, mais la CNIL peut intervenir pour garantir la conformité du traitement des données personnelles.
La CNIL joue ici un rôle central en tant qu’autorité indépendante chargée de veiller à ce que l’État respecte les droits liés à la vie privée numérique. Les demandes adressées à la Commission font ensuite l’objet d’une vérification confidentielle auprès du ministère compétent.
| Fichier concerné | Gestionnaire | Type d’empreintes | Modalité d’accès |
|---|---|---|---|
| FAED | Police nationale / Gendarmerie nationale | Empreintes judiciaires (interpellations) | Demande écrite via CNIL |
| TES | Ministère de l’Intérieur | Passeports et cartes d’identité biométriques | Aucune consultation directe possible |
Un équilibre fragile entre sécurité publique et respect des libertés
L’utilisation des données biométriques a longtemps suscité le débat au sein même du Parlement français. Les partisans soulignent son efficacité dans l’identification rapide des auteurs présumés, notamment en cas d’affaires criminelles complexes. Ses détracteurs alertent sur le risque d’une dérive vers une surveillance généralisée.
« Les fichiers ne sont pas illégitimes en soi, mais leur encadrement doit être strict et transparent », explique Me Claire Dupuy, avocate spécialisée en droit du numérique à Paris. « Le citoyen doit toujours garder un droit de regard sur ses propres données biométriques. »
L’enjeu dépasse donc la simple question administrative : il touche au rapport entre efficacité sécuritaire et vie privée. Si plus de douze millions d’empreintes sont effectivement recensées en France, cela ne signifie pas que toutes appartiennent à des personnes suspectes ou condamnées — loin de là.
Savoir sans s’inquiéter inutilement
Savoir si ses empreintes figurent dans un fichier national ne traduit pas une faute ni une suspicion. C’est une conséquence logique du développement des titres électroniques et des technologies biométriques mises en œuvre depuis plusieurs années par l’État français.
Cependant, chaque citoyen conserve un droit légitime à interroger cette présence et à demander sa suppression lorsqu’elle n’a plus lieu d’être — notamment après une relaxe ou un classement sans suite dans le cadre judiciaire.
ActualitéRetraité : encore une mauvaise nouvelle, forte baisse pour 3 millions de bénéficiaires dès février 2026 à cause des nouveaux taux de CSGL’équilibre entre protection collective et liberté individuelle reste délicat. Comprendre ce fonctionnement permet simplement de replacer ces fichiers dans leur véritable dimension : celle d’un outil administratif avant tout destiné à identifier avec précision, non à surveiller massivement.



Pourquoi ne pas rendre le TES consultable directement par le citoyen ?
L’article est super clair, merci au rédacteur ! 👏
Pas sûr que tout ça soit si “protégé” que ça… on verra dans quelques années.
C’est normal selon moi. On veut la sécurité, faut accepter quelques concessions.
Toujours ces fichiers qui grossissent sans qu’on sache trop comment…
Je me demande combien de temps les empreintes restent enregistrées après une relaxe.
C’est bien expliqué mais un peu flippant quand même 😅
Même les empreintes pour les passeports sont conservées ?! 😳
On devrait pouvoir consulter directement nos données sans passer par la CNIL.
Quel équilibre fragile entre sécurité et liberté… phrase très juste.
Encore une preuve qu’on n’a plus vraiment de vie privée…
J’ai appris quelque chose aujourd’hui, merci pour ce partage.
C’est dingue, 12 millions ça fait presque un Français sur cinq !
Toujours plus de données collectées… où va-t-on avec tout ça ? 😒
Je trouve ça un peu inquiétant… on dirait qu’on est tous fichés maintenant.
Franchement, ça me rassure de savoir que c’est encadré par la CNIL.
Super article, bien documenté. Merci ! 😊
Quelqu’un a déjà fait la demande à la CNIL ? C’est long ?
Encore un outil de surveillance déguisé, non ?
Wow, je pensais que seules les personnes arrêtées avaient leurs empreintes stockées.
Je me demande si d’autres pays font pareil 🤔
C’est flippant quand même… 12 millions de personnes recensées !
Merci pour les infos, c’est clair et précis 👍
Donc en gros, même si j’ai juste renouvelé mon passeport, mes empreintes sont dans un fichier ?
Article très intéressant, je ne savais pas qu’on pouvait demander à la CNIL pour le FAED !