Depuis plusieurs mois, la question faisait débat entre le ministère des Transports, les associations de sécurité routière et les automobilistes eux-mêmes.
La République tchèque vient d’officialiser une mesure qui fera date : l’augmentation de la vitesse maximale autorisée sur certaines portions d’autoroutes à 150 km/h. Une décision qui remet en lumière l’équilibre délicat entre fluidité du trafic et sécurité des usagers.
Un débat ancien ravivé par la modernisation du réseau
Le projet, évoqué dès 2022 par le ministre des Transports Martin Kupka (ODS), a longtemps été mis en attente. Les infrastructures n’étaient alors pas jugées prêtes pour supporter une telle évolution. Mais les travaux engagés sur les principaux axes — notamment la D1 entre Prague et Brno — ont profondément modifié la donne. D’après la Direction des routes et autoroutes (ŘSD), plus de 70 % du réseau autoroutier tchèque est désormais conforme aux standards européens les plus récents en matière de signalisation, d’éclairage et de revêtement.
Les autorités mettent également en avant une donnée clé : le taux d’accidentalité sur les autoroutes tchèques a diminué de près de 40 % depuis 2015 selon le Centre national de sécurité routière (BESIP). Ce constat a pesé lourd dans la décision finale, tout comme l’expérience allemande sur les tronçons sans limitation stricte.
« Les conducteurs tchèques sont aujourd’hui mieux formés et leurs véhicules mieux équipés qu’il y a dix ans, explique Petr Dvořák, porte-parole de l’Association automobile tchèque (ÚAMK). Mais cela ne veut pas dire que tout le monde doit rouler à 150 km/h, il faut garder une responsabilité individuelle. »

Les conditions précises d’application
La nouvelle réglementation entrera en vigueur au second semestre 2026. Elle ne concernera pas l’ensemble du réseau mais uniquement certains tronçons considérés comme sûrs après évaluation technique. Le ministère a déjà identifié plusieurs sections pilotes.
| Autoroute | Section concernée | Longueur (km) |
|---|---|---|
| D1 | Prague – Humpolec | 90 |
| D5 | Plzeň – Rozvadov (frontière allemande) | 75 |
| D11 | Prague – Hradec Králové | 65 |
L’affichage des nouvelles limitations se fera progressivement avec une signalisation électronique dynamique capable d’abaisser automatiquement la vitesse en cas de pluie, brouillard ou forte densité de circulation. Les forces de police disposeront aussi d’un dispositif renforcé pour contrôler les excès et adapter les sanctions.
Sécurité routière et environnement au centre des préoccupations
Les associations environnementales ont exprimé leurs réserves face à cette mesure, craignant une hausse des émissions liées à la vitesse.
Selon une estimation publiée par l’Université technique de Prague (ČVUT), un véhicule roulant à 150 km/h consommerait environ 15 % de carburant en plus qu’à 130 km/h. Le ministère répond qu’il s’agit d’un compromis encadré par des limites géographiques précises et par un suivi régulier des effets sur le climat.
- Mise en place d’un observatoire annuel des vitesses et consommations.
- Évaluation environnementale semestrielle menée par le ministère de l’Environnement.
- Bilan sécurité publié chaque fin d’année civile par la police nationale (Policie ČR).
« Nous voulons tester cette mesure avec prudence, souligne Hana Nováková, directrice adjointe du département Sécurité routière au ministère des Transports. Si nous constatons une dérive, nous reviendrons en arrière sans hésiter. »
Une mesure symbolique pour un pays tourné vers la modernité
L’augmentation à 150 km/h reflète aussi une volonté politique plus large : celle d’affirmer la République tchèque comme un acteur moderne au cœur du réseau européen. Avec cette réforme, Prague rejoint un petit cercle d’États expérimentant une flexibilité accrue sur autoroute tout en misant sur la technologie pour prévenir les risques.
AutomobileVoici l’astuce méconnue pour se faire financer son permis et payer 0€ de sa pocheL’opinion publique reste partagée. Selon un sondage réalisé fin décembre par l’agence STEM/MARK auprès de 1200 personnes, 54 % des conducteurs se disent favorables à cette évolution « à condition que cela reste limité aux sections sûres ». Une prudence qui illustre bien le climat actuel : mêlant curiosité et vigilance face à ce changement historique.
Derrière le chiffre symbolique des 150 km/h se joue donc bien plus qu’une simple question de vitesse : c’est toute une réflexion nationale sur la manière dont le pays envisage ses mobilités futures — entre liberté individuelle, responsabilité collective et performance technique maîtrisée.



Enfin une bonne nouvelle pour les conducteurs tchèques ! Mais j’espère qu’ils vont bien contrôler les excès…