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« Après cette date ce sera terminé » : 2000 € de prime CEE pour tous les Français

Alors que le dispositif des Certificats d’économies d’énergie finance depuis plus d’une décennie une partie des rénovations, une échéance décisive approche et pourrait bouleverser l’accès à la prime énergie en France.

Depuis plusieurs mois, les ménages français s’interrogent : la fameuse prime CEE, souvent présentée comme un levier majeur de la transition énergétique, va-t-elle réellement disparaître ? Cette aide, qui permet encore aujourd’hui de financer jusqu’à 2000 € de travaux d’isolation ou de remplacement de chauffage, est au cœur d’une réforme que le ministère de la Transition écologique prépare dans un contexte budgétaire tendu et face à des dérives constatées dans certaines filières.

Un dispositif né pour accélérer la rénovation énergétique

Créés en 2006 sous l’impulsion du ministère chargé de l’Énergie, les Certificats d’économies d’énergie (CEE) obligent les fournisseurs d’énergie – EDF, TotalEnergies, Engie ou encore Leclerc Énergies – à inciter leurs clients à réduire leur consommation. En contrepartie, ces acteurs financent tout ou partie des travaux réalisés par les particuliers. Depuis 2021, le montant moyen des primes distribuées a doublé selon les chiffres de l’Agence de la transition écologique (ADEME), atteignant parfois 2000 € pour un changement de chaudière ou une isolation complète.

Mais à mesure que le dispositif gagnait en popularité, les abus se sont multipliés. Travaux bâclés, démarchage agressif, sociétés éphémères… L’État a dû resserrer la vis. En 2024 déjà, une série de contrôles renforcés menée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) avait abouti à plus de 300 sanctions administratives.

« Après cette date ce sera terminé » : une échéance fixée au printemps

D’après nos informations recoupées auprès du ministère et d’acteurs du secteur, le dispositif actuel des CEE dans sa forme généreuse prendra fin au 30 avril prochain. À compter du 1er mai, seules les opérations déposées avant cette échéance pourront encore bénéficier du niveau maximal de prime pouvant atteindre jusqu’à 2000 €. Au-delà, une nouvelle phase – dite « CEE cinquième période bis » – réduira sensiblement les montants accordés aux particuliers.

« On nous a clairement dit : après cette date ce sera terminé », confie Julien Desmoulins, artisan chauffagiste à Tours. « Les dossiers déposés après avril ne seront plus éligibles aux mêmes barèmes. Beaucoup de clients attendent le dernier moment sans comprendre que tout se joue maintenant. »

Ce calendrier n’a rien d’anodin. Il répond à deux objectifs affichés par l’État : rationaliser les dépenses liées aux primes et concentrer les aides sur les ménages modestes. Selon la DGEC, près de 3 millions de foyers ont bénéficié des CEE entre 2021 et 2025. Un volume record qui aurait coûté près de 4 milliards d’euros cumulés aux fournisseurs obligés.

Quels travaux sont encore concernés par la prime maximale ?

D’ici la fin avril, plusieurs types d’opérations restent éligibles à la prime maximale selon le barème officiel publié par le ministère :

  • Le remplacement d’une chaudière fioul par une pompe à chaleur air/eau certifiée
  • L’isolation des combles perdus ou des planchers bas
  • L’installation d’un système solaire combiné pour le chauffage et l’eau chaude
  • La mise en place d’un thermostat connecté avec régulation performante

Pour certains ménages cumulant MaPrimeRénov’ et CEE, le gain total peut même dépasser 4000 €, mais seulement si le dossier est complet avant l’échéance fixée.

Une réforme qui interroge sur la suite du financement

La cinquième période des CEE devait initialement se poursuivre jusqu’en décembre 2027. Mais face aux dépassements budgétaires et à un marché saturé par les intermédiaires privés, Bercy souhaite revoir son architecture. La future mouture envisagée donnerait davantage de place aux collectivités locales via un guichet unique géré conjointement avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Période Niveau moyen d’aide CEE Bénéficiaires prioritaires Mécanisme principal
2021 – 2024 Jusqu’à 2000 € par opération Tous ménages sans condition majeure Aide versée via entreprises partenaires (CEE classiques)
Dès mai 2026 Entre 800 et 1200 € maximum Ménages modestes uniquement Nouveau guichet public Anah/collectivités locales

Des professionnels partagés entre inquiétude et compréhension

Si certains acteurs saluent une clarification nécessaire pour éviter les fraudes massives observées ces dernières années, beaucoup redoutent un ralentissement brutal du marché dès cet été. Les artisans RGE (Reconnu garant de l’environnement) craignent notamment une chute des demandes alors qu’ils viennent à peine de retrouver un rythme stable après deux ans marqués par l’inflation sur les matériaux.

« On comprend le besoin de réguler », poursuit Julien Desmoulins. « Mais supprimer presque du jour au lendemain une prime aussi incitative risque surtout de freiner ceux qui hésitent encore à passer au chauffage décarboné. »

Ce qu’il faut retenir avant la clôture du dispositif actuel

D’ici fin avril, chaque ménage peut encore solliciter sa prime CEE auprès d’un fournisseur signataire agréé — EDF OA Énergie, TotalEnergies Proxiserve ou Effy — sous réserve que le devis soit daté avant cette limite et que les travaux soient réalisés dans les délais prévus par l’arrêté ministériel en vigueur.

L’administration rappelle qu’aucun dépôt rétroactif ne sera accepté après cette date butoir. Pour beaucoup de foyers français souhaitant alléger leur facture énergétique avant l’hiver prochain, il s’agit donc bien du dernier créneau pour bénéficier pleinement des aides actuelles avant une refonte complète du dispositif.

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