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Fonctionnaires : voici pourquoi les salaires seront décalés pour le mois de février

Alors que plus de 5,6 millions d’agents publics perçoivent leur traitement en fin de mois, une modification technique du calendrier budgétaire provoquera un décalage inédit des versements en février.

Depuis plusieurs jours, la question circule parmi les agents de l’État : pourquoi le salaire de février ne tombera-t-il pas à la date habituelle ? Entre interrogations et inquiétudes, les services du ministère de l’Économie et des Finances, à Bercy, ont dû préciser les raisons d’un changement qui touche l’ensemble des administrations publiques. Ce décalage n’est pas lié à une difficulté financière mais bien à une évolution du circuit comptable.

Une organisation budgétaire ajustée en début d’année

Traditionnellement, la paie des fonctionnaires est versée entre le 27 et le 29 de chaque mois selon les ministères. En février 2026, cette règle connaît une exception. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé qu’un décalage de quelques jours interviendra pour permettre la bascule complète vers le nouveau système interministériel de gestion des rémunérations (SIRHIUS), en cours de déploiement depuis 2024.

Ce dispositif vise à uniformiser les traitements comptables entre l’État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers. Sa mise à jour annuelle s’effectue généralement durant la deuxième quinzaine de janvier. Cette année, le calendrier coïncide avec un week-end prolongé et la clôture tardive du budget 2025-2026, ce qui retarde mécaniquement la chaîne de paiement.

Un décalage limité dans le temps mais généralisé

Selon les informations recueillies auprès du ministère de la Transformation et de la Fonction publiques, tous les agents – titulaires comme contractuels – sont concernés. Le versement interviendra exceptionnellement en tout début de mars. Les collectivités locales utilisant encore d’autres systèmes devraient connaître un écart similaire.

« Nous avons été informés par note interne que le virement serait effectué autour du 1er mars au lieu du 28 février », explique Claire Martin, agente administrative au rectorat de Toulouse. « Cela demande un peu d’adaptation pour gérer nos prélèvements automatiques, mais nous savons que c’est temporaire. »

Bercy précise qu’aucune perte ni réduction n’est à craindre : il s’agit uniquement d’un glissement calendaire destiné à sécuriser la bascule informatique et comptable. Les traitements seront calculés sur la même base salariale que d’habitude.

Les causes techniques détaillées par l’administration

Derrière ce simple retard se cache une opération budgétaire complexe. La DGFiP doit synchroniser trois volets administratifs :

  • la validation des crédits ouverts par la Loi de finances 2026 publiée au Journal officiel ;
  • la mise à jour des référentiels SIRHIUS dans chaque ministère ;
  • la vérification automatique des cotisations sociales avec l’URSSAF et les caisses complémentaires.

L’ensemble nécessite plusieurs jours de tests avant validation définitive par la Banque de France, qui exécute ensuite les virements massifs vers les établissements bancaires. Pour éviter toute erreur sur les montants ou doublons, un gel technique des opérations est prévu durant cinq jours ouvrés.

Un impact concret sur le quotidien des agents

Pour beaucoup d’agents publics, ce décalage pourrait compliquer légèrement leur gestion mensuelle. Certains syndicats comme la CFDT Fonctions publiques demandent une communication claire auprès des personnels afin d’éviter toute confusion avec un retard de traitement individuel ou une erreur administrative.

Date habituelle Date prévisionnelle février 2026 Secteur concerné
27-28 février 1ᵉʳ-3 mars Fonction publique d’État
28 février 3 mars Fonction publique territoriale (grandes collectivités)
Fin février variable Entre 3 et 5 mars Fonction publique hospitalière

Certaines banques pourraient afficher le virement dès le dernier jour ouvré du mois selon leurs délais internes. Les autorités appellent néanmoins à ne pas anticiper le versement avant validation officielle par Bercy.

Bercy promet un retour à la normale dès mars

D’après la DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique), cette situation restera ponctuelle. Dès fin mars 2026, le calendrier classique reprendra son cours habituel. Les agents percevront alors leur traitement sans changement particulier ni rattrapage nécessaire.

« Nous comprenons que ce type d’ajustement puisse surprendre, reconnaît Claire Martin. Mais si cela permet d’éviter des anomalies sur les fiches de paie ou dans les cotisations retraite, c’est compréhensible. »

Ainsi, derrière ce léger contretemps se joue surtout une modernisation du système public français, dont l’objectif reste une gestion plus fiable et harmonisée pour plusieurs millions d’agents sur le long terme.

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