Alors que les contrôles routiers se multiplient et que les démarches administratives se digitalisent à vitesse accélérée, un nouveau document vient s’ajouter à la liste des papiers nécessaires pour circuler légalement en France. Les autorités parlent d’un outil de simplification, mais sur le terrain, la mesure soulève interrogations et appréhensions.
Un contexte de modernisation de la sécurité routière
Depuis plusieurs mois, le ministère de l’Intérieur multiplie les initiatives pour renforcer la traçabilité des véhicules et la fiabilité des documents liés à la conduite. L’objectif affiché : réduire les fraudes aux certificats d’immatriculation et mieux identifier les conducteurs en infraction.
D’après les chiffres communiqués par la Délégation à la sécurité routière (DSR), plus de 120 000 véhicules circuleraient encore avec des papiers falsifiés ou non mis à jour. C’est dans ce cadre qu’a été introduit le certificat numérique d’assurance automobile, désormais obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.

Le certificat numérique d’assurance : un document désormais indispensable
Concrètement, ce certificat remplace la traditionnelle vignette verte collée sur le pare-brise. Il s’agit d’un justificatif dématérialisé, lié directement au fichier central des assurances tenu par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). En cas de contrôle, les forces de l’ordre peuvent vérifier instantanément si un véhicule est bien couvert par une assurance valide.
Cette réforme découle du décret n°2025-1314 publié au Journal officiel en novembre dernier. L’arrêté prévoit que tout conducteur doit pouvoir présenter ce certificat sous format électronique lors d’un contrôle. Faute de quoi, il s’expose à une amende pouvant atteindre 135 euros, équivalente à celle encourue pour absence d’attestation papier auparavant.
« Je me suis fait arrêter fin décembre et on m’a expliqué que ma vignette ne servait plus à rien », raconte Hervé Martin, chauffeur-livreur à Nantes. « J’étais persuadé qu’il fallait encore l’avoir sur le pare-brise… Le gendarme m’a conseillé de télécharger mon certificat numérique depuis mon espace assuré ».
Comment obtenir le certificat numérique d’assurance
Les compagnies d’assurance ont désormais l’obligation d’émettre un justificatif électronique sécurisé dès la souscription ou le renouvellement du contrat. Le conducteur peut y accéder via :
- L’espace personnel fourni par son assureur ;
- L’application mobile officielle « Mon assurance auto » développée par France Assureurs ;
- Ou encore via le portail sécurisé de l’ANTS pour vérification rapide par plaque d’immatriculation.
Pour aider les conducteurs à s’y retrouver, voici un tableau récapitulatif des principaux changements :
| Élément | Avant janvier 2026 | Depuis janvier 2026 |
|---|---|---|
| Justificatif d’assurance | Vignette verte papier sur pare-brise | Certificat numérique lié au fichier national |
| Moyen de vérification par les forces de l’ordre | Papier ou attestation physique | Système informatisé via immatriculation |
| Amende pour absence de justificatif valide | 135 € (contravention de 4ᵉ classe) | 135 € (idem) |
Une transition encore inégale selon les conducteurs
Toutes les compagnies ne semblent pas prêtes au même rythme. Certaines petites mutuelles tardent encore à mettre en place leur interface numérique sécurisée. Des retards qui alimentent une certaine confusion parmi les assurés. L’association « 40 Millions d’Automobilistes » a déjà reçu plusieurs dizaines de signalements concernant des difficultés techniques ou des absences temporaires du certificat dans les espaces clients.
« Les gens craignent surtout d’être verbalisés alors qu’ils sont parfaitement assurés », souligne Hervé Martin. « On nous demande toujours plus de preuves numériques, mais tout le monde n’a pas forcément un smartphone ou une connexion stable sur la route ».

L’État mise sur une meilleure efficacité administrative
Côté gouvernemental, on assume pleinement cette évolution. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a affirmé lors d’une conférence en décembre dernier que cette mesure permettrait « une économie annuelle estimée à près de dix millions d’euros en production et distribution papier ». Le dispositif vise également à faciliter les échanges entre assureurs et forces de l’ordre, tout en réduisant le risque de falsification.
AutomobileCrit’Air 3 : ces astuces pour pouvoir circuler malgré l’interdiction des ZFENéanmoins, certaines préfectures constatent déjà une hausse du nombre de demandes liées aux erreurs dans la base ANTS — notamment lors des changements récents de véhicule ou d’assureur. Un ajustement technique est prévu dans les prochains mois pour fluidifier ces mises à jour automatiques.
Ce qu’il faut retenir avant tout contrôle routier
Tous les conducteurs doivent désormais pouvoir prouver numériquement leur assurance automobile valide. En cas d’absence temporaire du certificat (problème technique ou panne réseau), il reste recommandé d’avoir sur soi une copie papier provisoire fournie par son assureur afin d’éviter toute contestation lors du contrôle.
L’adaptation prendra sans doute quelques semaines, mais cette réforme marque un tournant vers une gestion plus fluide et plus transparente des obligations administratives liées à la conduite. Reste que sur le terrain, beaucoup attendent encore que cette modernisation rime avec simplicité réelle plutôt qu’avec complexité supplémentaire.



Encore un papier de plus… enfin, un « papier numérique ». On n’en sortira jamais !