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Radars : attention, ils peuvent désormais flasher dès 1 km/h au-dessus de la limite, c’est quoi cette histoire

Alors que plus de 12 millions de contraventions pour excès de vitesse ont été dressées en France en 2025 selon l’ONISR, une nouvelle polémique enfle autour des marges de tolérance des radars automatiques.

Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux s’enflamment : plusieurs automobilistes affirment avoir été verbalisés pour seulement 1 km/h au-dessus de la limite autorisée. De quoi relancer la méfiance envers le système automatisé de contrôle routier. Mais que se cache-t-il réellement derrière ces témoignages ? Les radars sont-ils vraiment devenus impitoyables au point de ne plus laisser aucune marge ?

La règle officielle : une tolérance toujours en vigueur

Contrairement à ce que certains messages viraux laissent entendre, les marges techniques n’ont pas disparu. La réglementation actuelle, confirmée par la Direction interministérielle de la Sécurité routière (DSR), prévoit une tolérance automatique appliquée à chaque mesure effectuée par un radar homologué.

Type de radar Tolérance appliquée
Fixe ou discriminant 5 km/h (vitesse ≤ 100 km/h) / 5 % (vitesse > 100 km/h)
Mobile embarqué 10 km/h (vitesse ≤ 100 km/h) / 10 % (vitesse > 100 km/h)
Radar tronçon Même principe que le radar fixe

Ces marges existent pour compenser les incertitudes techniques liées aux conditions météo, à l’état du capteur ou encore à l’étalonnage du véhicule contrôlé. Le texte de référence reste l’arrêté du 4 juin 2009 relatif aux instruments de mesure utilisés dans le domaine routier.

D’où vient alors la confusion ?

L’origine du malentendu tiendrait à une évolution logicielle opérée sur certaines cabines dites « radars tourelles ». Ces dispositifs, gérés par l’entreprise Idemia sous contrat avec l’État, disposent d’une précision accrue et d’une capacité multi-infractions. Leurs clichés sont analysés automatiquement avant validation par un agent assermenté du Centre national de traitement de Rennes.

C’est là qu’intervient la nuance : certains automobilistes ont pu être sanctionnés non pas parce que le radar a mesuré un dépassement d’1 km/h réel, mais parce que leur compteur affichait une vitesse inférieure à celle retenue après correction technique. Un effet d’optique statistique plus qu’une répression accrue.

« Je me suis vu recevoir un avis pour 56 km/h au lieu de 50 dans une zone urbaine », raconte Julien M., conducteur francilien. « Mon compteur indiquait pourtant juste en dessous. J’ai cru que c’était une erreur jusqu’à ce qu’on m’explique cette histoire de marge technique déjà intégrée. »

Une politique assumée : viser la vitesse réelle plutôt que déclarée

Le ministère de l’Intérieur confirme vouloir renforcer la cohérence entre vitesse mesurée et vitesse réelle afin d’éviter les excès minimisés par des écarts techniques. L’objectif n’est pas d’abaisser les seuils mais d’uniformiser le traitement des infractions sur tout le territoire.

  • Les radars récents intègrent directement la marge avant transmission du procès-verbal.
  • Les anciens modèles appliquaient cette marge manuellement lors du traitement des données.
  • L’automobiliste perçoit donc parfois un écart réduit entre sa vitesse ressentie et celle enregistrée.

Cela ne signifie pas pour autant qu’un conducteur est sanctionné à 51 km/h dans une zone limitée à 50 : le système retranche toujours les kilomètres/heure réglementaires avant validation du PV. Ce qui peut donner l’impression d’un durcissement là où il s’agit surtout d’une harmonisation technologique.

Un débat persistant sur la finalité des contrôles

Derrière cette polémique se profile un enjeu plus large : celui du rapport entre prévention et sanction. Les associations comme « 40 Millions d’automobilistes » réclament davantage de transparence sur le calibrage des appareils et sur la communication publique autour des évolutions techniques.

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La DSR assure pour sa part que les radars restent avant tout un outil de sécurité routière, rappelant que depuis leur déploiement massif en 2003, le nombre annuel de morts sur les routes a été divisé par deux selon les statistiques officielles.

« Nous recevons régulièrement des plaintes liées à un sentiment d’injustice », confie un porte-parole du Syndicat national des contrôleurs automatisés. « Mais dans neuf cas sur dix, le contrôle est conforme aux règles métrologiques fixées par le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE). »

Ce qu’il faut retenir avant de reprendre la route

Aucune nouvelle loi ne permet aujourd’hui aux radars français de flasher dès 1 km/h au-dessus des limites légales. Les marges existent toujours, simplement intégrées différemment dans les systèmes modernes. Le discours alarmiste circule vite, souvent alimenté par une méconnaissance technique et une défiance persistante envers l’automatisation des sanctions routières.

L’évolution actuelle vise davantage à fiabiliser les mesures qu’à piéger les conducteurs. Mais elle rappelle aussi une réalité simple : avec près de 4 000 dispositifs actifs sur le territoire selon le ministère chargé des Transports, chaque kilomètre/heure compte désormais davantage dans la gestion quotidienne du risque routier.

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