Depuis la loi ALUR de 2014, le “permis de louer” s’est imposé comme un outil réglementaire incontournable dans certaines zones tendues. Mais pour les propriétaires, une question pratique demeure : combien de temps faut-il attendre avant d’obtenir une réponse de la mairie ? Derrière ce délai se jouent des enjeux économiques et logistiques importants, notamment pour les bailleurs souhaitant éviter une vacance prolongée du logement.
Un dispositif localisé mais strictement encadré
Le permis de louer n’est pas obligatoire partout en France. Il s’applique uniquement dans les communes ayant adopté une délibération spécifique, souvent dans les secteurs concernés par des problématiques d’insalubrité ou par un marché locatif déséquilibré. Lille, Marseille, Roubaix ou encore Saint-Denis figurent parmi les villes pionnières du dispositif.
Deux formes existent : la déclaration préalable à la mise en location et l’autorisation préalable. Dans le premier cas, le propriétaire informe simplement la mairie avant de louer ; dans le second, il doit attendre une validation officielle avant toute signature de bail. C’est dans cette seconde situation que le délai administratif prend tout son sens.

Des délais variables selon les communes
Selon plusieurs directions départementales consultées, le délai moyen observé pour obtenir une réponse varie entre 15 et 30 jours à compter du dépôt complet du dossier. Ce laps de temps correspond au cadre fixé par le Code de la construction et de l’habitation (article L635-5). En pratique, si aucune réponse n’est transmise passé ce délai légal, l’autorisation est considérée comme tacitement accordée.
| Type de procédure | Délai légal maximum | Conséquence d’absence de réponse |
|---|---|---|
| Déclaration préalable | Aucune attente — simple accusé réception | Location possible immédiatement |
| Autorisation préalable | 1 mois après dépôt du dossier complet | Autorisation tacite passée ce délai |
Cependant, certaines municipalités prennent davantage de marge. À Marseille par exemple, la direction du logement indique qu’en période d’affluence — notamment entre juin et septembre — les délais peuvent atteindre six semaines. À Lille, la mairie affirme maintenir un traitement “dans les trente jours”, sauf dossier incomplet nécessitant une visite complémentaire.
L’expérience concrète des propriétaires sur le terrain
“J’ai déposé mon dossier à Roubaix mi-avril et j’ai reçu l’autorisation début mai”, raconte Philippe Laurent, petit bailleur depuis dix ans. “Le plus long a été d’obtenir les diagnostics techniques demandés avant même le dépôt.” Selon lui, “le système est clair mais rigide : on ne peut rien faire tant que tout n’est pas validé”.
Ce témoignage illustre une réalité partagée : si le cadre national fixe un mois maximum, l’efficacité dépend largement des moyens humains alloués par chaque mairie. Certaines disposent d’un service dédié avec suivi en ligne ; d’autres traitent encore les demandes manuellement.
- Dossier complet = traitement accéléré.
- Dossier incomplet = suspension du délai légal jusqu’à régularisation.
- Période estivale = accumulation des demandes et réponses plus lentes.
- Mairie équipée numériquement = notifications plus rapides.
Des conséquences directes sur la mise en location
Pour un bailleur privé ou une agence immobilière, ces délais ont un impact immédiat sur la rentabilité locative. Chaque semaine perdue représente des loyers non perçus. C’est pourquoi certaines agences — comme Citya Immobilier ou Foncia — accompagnent désormais leurs clients dans la constitution complète du dossier dès la visite technique initiale.
Côté collectivités, plusieurs élus défendent cette procédure comme un gage de sécurité sanitaire et sociale. À Saint-Denis, où près d’un logement sur cinq était jugé indigne il y a encore trois ans selon les chiffres communaux, le dispositif aurait permis plus d’un millier d’inspections depuis sa mise en place.

Une procédure qui s’installe durablement dans les pratiques locales
Même si certains propriétaires jugent ces démarches contraignantes, leur généralisation semble inévitable face aux objectifs nationaux d’amélioration du parc privé. Le ministère chargé du Logement estime que plus de 400 communes pourraient rejoindre le dispositif d’ici deux ans. En parallèle, des outils numériques sont en développement pour homogénéiser les délais et simplifier la transmission des pièces justificatives.
Ainsi, si le délai officiel reste fixé à un mois pour une autorisation préalable, il dépend toujours de la réactivité administrative locale et surtout de la préparation minutieuse du dossier par le propriétaire lui-même. Une vigilance devenue indispensable pour louer rapidement sans contrevenir à la réglementation.



Trop cool d’avoir toutes ces infos regroupées ici 😊
Cet article m’a vraiment aidé à comprendre la différence entre déclaration et autorisation.
J’aimerais savoir si le délai d’un mois inclut les week-ends ou pas ?
C’est rassurant aussi de savoir qu’il y a un contrôle contre les logements indignes.
Pfff, encore du temps perdu dans l’administration française 😅
Toujours les mêmes villes concernées… Lille, Marseille, Roubaix… Et ailleurs alors ?
L’article résume bien les enjeux entre réglementation et efficacité locale.
Très bon rappel sur le Code de la construction et de l’habitation.
Perso j’ai attendu 5 semaines à Marseille… patience obligatoire !
C’est pas logique : autorisation tacite mais il faut attendre quand même ? 🤔
Super utile pour ceux qui se lancent dans la location pour la première fois 👍
Merci pour ces précisions, j’y vois enfin plus clair.
Ah, encore une procédure qui va décourager les petits bailleurs.
Dommage que certaines mairies prennent plus de six semaines… abusé !
Trop de règles tue la règle 😆
Est-ce qu’il faut refaire la demande à chaque changement de locataire ?
Je pensais que c’était automatique dès qu’on déposait le dossier. Apparemment non…
Toujours intéressant de lire des témoignages concrets comme celui de Philippe Laurent.
Pourquoi ne pas harmoniser les délais au niveau national ?
C’est fou comme chaque commune fait un peu à sa sauce 😅
J’ai eu mon autorisation en 18 jours à Roubaix, donc plutôt correct.
Article complet et bien structuré, bravo au rédacteur !
Est-ce qu’on peut faire la demande en ligne ou faut se déplacer ?
Encore un truc qui ralentit tout, super pour “accélérer” le logement en France…
Je viens de déposer ma demande à Lille, j’espère que ce sera rapide 🤞
Très instructif, merci ! 😊
Un mois c’est long quand on a un locataire qui attend déjà… 😤
Je trouve ça plutôt bien que la mairie contrôle un minimum la qualité des logements.
Franchement, encore une paperasse de plus… On n’en sort jamais avec les démarches administratives 😒
Quelqu’un sait si le délai est le même pour les logements en colocation ?
Merci pour cet article très clair, je ne savais pas qu’il existait un délai tacite d’un mois !