La modification du barème de la contribution sociale généralisée (CSG) appliquée aux pensions de retraite bouleverse les équilibres établis depuis plusieurs années.
Derrière les annonces techniques du ministère des Finances, ce sont des effets très concrets sur le pouvoir d’achat qui se profilent. Les premiers versements concernés interviendront dans les premiers jours de février 2026.
Des versements amputés malgré la revalorisation
Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), environ trois millions de bénéficiaires verront leur pension nette diminuer à partir du 9 février pour le régime général, du 2 février pour l’Agirc‑Arrco et du 25 février pour les régimes publics. En cause : le relèvement du taux de CSG, décidé à l’automne par Bercy dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
ActualitéVoici les sanctions que risque un bailleur pour un logement insalubreCette hausse efface presque entièrement la revalorisation annuelle de 0,9 % accordée sur les pensions de base. Pour certains ménages modestes, l’impact net sera même négatif. Un retraité percevant une pension brute mensuelle d’environ 1 500 € pourrait perdre jusqu’à 25 € chaque mois, selon les simulations réalisées par la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
« J’ai eu du mal à y croire quand j’ai vu mon relevé prévisionnel. Ma pension devait augmenter, et pourtant je toucherai moins qu’en janvier. Tout ça pour quelques euros au‑dessus d’un seuil fiscal… », raconte Robert D., ancien ouvrier du BTP aujourd’hui installé à Limoges.

Un effet de seuil aux conséquences disproportionnées
Le nouveau barème prévoit une hausse moyenne d’1,8 point sur certaines tranches. Le problème ne vient pas tant du taux global que du mécanisme même des seuils fiscaux utilisés pour calculer le revenu imposable servant de référence à la CSG. Un simple dépassement peut faire passer un retraité du taux intermédiaire (6,6 %) au taux plein (8,3 %), provoquant une chute brutale du net perçu.
| Taux applicable | Revenu fiscal de référence (par part) | Pension nette estimée pour 1 500 € brut |
|---|---|---|
| 3,8 % (taux réduit) | Jusqu’à 15 300 € | 1 443 € |
| 6,6 % (taux médian) | De 15 301 € à 23 000 € | 1 402 € |
| 8,3 % (taux plein) | Au‑delà de 23 000 € | 1 375 € |
Les syndicats comme la Confédération française des retraités dénoncent « un système injuste où franchir un seuil coûte plus cher que l’avantage procuré par une indexation ». Ce phénomène touche particulièrement les foyers composés d’une seule personne ou ceux dont les revenus complémentaires varient légèrement d’une année sur l’autre.
L’explication fiscale derrière la perte constatée
L’effet paradoxal vient d’une mécanique bien connue : lorsque les pensions brutes augmentent en janvier, elles font grimper automatiquement le revenu fiscal de référence pris en compte pour déterminer le taux applicable deux mois plus tard. Le calcul étant fondé sur les revenus N‑1 déclarés et actualisés par projection, plusieurs milliers de foyers basculent ainsi mécaniquement dans la tranche supérieure sans changement réel de niveau de vie.
D’après un rapport interne adressé au ministère chargé des Comptes publics, cette transition automatique aurait pu être atténuée si un dispositif dit « de neutralisation temporaire » avait été mis en place — proposition finalement écartée lors des arbitrages budgétaires.
« Ce n’est pas seulement une question technique », estime encore Michel D. « On a l’impression que tout se joue derrière un écran sans tenir compte des réalités quotidiennes. Une fois que c’est prélevé, il n’y a plus rien à faire. »
Les recours possibles et gestes à adopter
Aucun remboursement automatique n’est prévu en cas d’erreur liée au changement de tranche. Les retraités concernés peuvent néanmoins vérifier leur avis d’imposition dès réception afin d’identifier si leur revenu fiscal dépasse désormais le seuil supérieur.
- Comparer le montant net reçu en janvier et celui versé en février.
- Contacter sa caisse si une différence significative apparaît sans explication claire.
- Conserver tous les justificatifs fiscaux avant toute réclamation auprès des services compétents (DGFiP ou caisse concernée).
- S’adresser aux associations locales telles que France Retraite Solidarité ou UFC‑Que Choisir pour obtenir un accompagnement gratuit.
Certaines caisses envisagent déjà une communication renforcée avant mars pour prévenir les doubles prélèvements ou régularisations tardives observées notamment chez les affiliés Agirc‑Arrco lors des précédentes modifications.

Vers un débat plus large sur la progressivité sociale
L’affaire relance le débat politique autour du caractère progressif – ou non – des prélèvements sociaux appliqués aux pensions. À Bercy comme à Matignon, on justifie cette évolution par la nécessité d’équilibrer durablement les comptes sociaux face au vieillissement démographique et à l’allongement moyen des carrières.
Mais sur le terrain, beaucoup y voient un signal décourageant envoyé aux générations ayant travaillé toute leur vie avec une pension modeste mais légèrement supérieure aux minima sociaux. Plusieurs parlementaires ont déjà annoncé vouloir déposer un amendement correctif avant l’été afin d’introduire un mécanisme d’amortissement progressif entre deux tranches.
« On ne demande pas des privilèges », affirme Michel D., « seulement qu’on ne nous retire pas ce qu’on nous donne juste avant ».
Une vigilance nécessaire pour préserver son budget
D’ici là, chaque retraité a intérêt à suivre attentivement ses relevés bancaires et à conserver trace des montants nets perçus début 2026. Les associations conseillent également d’ajuster ses budgets mensuels avant mars afin d’éviter toute mauvaise surprise supplémentaire si une régularisation intervient.
L’ajustement prévu semble minime sur le papier mais s’ajoute à une série continue de hausses fiscales et sociales ressenties depuis plusieurs années : taxe foncière, franchises médicales ou participation sur certains soins dentaires. Dans ce contexte, beaucoup redoutent que cette modification ne soit que la première étape d’une refonte plus profonde du financement solidaire des retraites.
ActualitéVoici comment savoir si vos empreintes digitales sont connues des services de police « plus de 12 millions y sont recensés »L’annonce officielle aura donc servi surtout à rappeler une réalité : dans un système fondé sur des seuils rigides et peu lisibles, quelques euros peuvent suffire à basculer d’un équilibre fragile vers une perte durable.



Encore une fois, ceux qui ont juste un peu plus que le minimum sont les plus pénalisés 😡
Franchement, c’est décourageant… On bosse toute une vie pour finir par perdre encore du pouvoir d’achat.