Instauré par la loi Alur et renforcé par la loi Élan, le permis de louer vise à lutter contre l’habitat indigne dans certaines communes françaises. Il impose aux propriétaires un contrôle préalable avant toute mise en location d’un logement. Mais que se passe-t-il lorsque cette obligation est ignorée ? Les sanctions, souvent méconnues, peuvent être lourdes et durables.
Un dispositif encore mal compris
Le permis de louer n’est pas appliqué sur tout le territoire. Il concerne les zones où les communes ou intercommunalités ont choisi de l’instaurer, notamment dans les agglomérations connaissant un parc locatif ancien ou dégradé. Selon les données du ministère chargé du Logement, plus de 250 collectivités avaient adopté ce dispositif fin 2025.
Son principe est simple : avant de louer un bien, le propriétaire doit obtenir une autorisation ou déposer une déclaration auprès de la mairie. L’objectif est d’éviter que des logements dangereux ou insalubres soient proposés sur le marché locatif.
« J’ai dû refaire toute l’électricité avant d’obtenir mon autorisation », confie Marc Lefèvre, propriétaire d’un petit immeuble à Roubaix. « Sur le moment, j’ai trouvé ça contraignant, mais je comprends maintenant que ça protège autant le locataire que moi-même ».
De nombreux bailleurs admettent cependant ignorer la procédure exacte ou sous-estimer sa portée juridique. C’est là que les ennuis commencent.

Des amendes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros
Les sanctions varient selon la nature du manquement. Louer sans avoir obtenu l’autorisation préalable constitue une infraction administrative prévue par l’article L635-4 du Code de la construction et de l’habitation. Les montants peuvent être significatifs.
| Type d’infraction | Sanction encourue | Texte de référence |
|---|---|---|
| Mise en location sans autorisation préalable | Jusqu’à 5 000 € d’amende (15 000 € en cas de récidive) | Article L635-7 du CCH |
| Mise en location malgré un refus explicite de la mairie | Jusqu’à 15 000 € d’amende immédiate | Article L635-7-1 du CCH |
| Fausse déclaration lors d’une demande d’autorisation | Poursuites pénales possibles pour fraude ou tromperie | Code pénal – Article 441-1 |
L’amende est prononcée par le préfet après constatation du manquement par la commune. Dans certains cas, elle peut être accompagnée d’une interdiction temporaire de louer jusqu’à régularisation complète du logement.
L’impact sur la relation avec les locataires et les assurances
L’absence d’autorisation n’affecte pas seulement le bailleur face à l’administration. Elle peut aussi fragiliser ses relations contractuelles avec le locataire et son assureur. Un contrat signé sans permis valide peut être contesté devant le juge civil si l’habitation est reconnue non conforme aux normes minimales de décence fixées par le décret n°2002‑120 du 30 janvier 2002.
Certaines compagnies d’assurance habitation refusent également d’indemniser les sinistres si elles découvrent qu’un logement a été loué sans autorisation légale préalable. Le risque financier dépasse alors largement le montant initial de l’amende administrative.
« Quand j’ai appris que mon voisin devait payer 10 000 euros pour avoir loué sans permis, j’ai immédiatement vérifié mes dossiers », raconte Marc Lefèvre. « Les règles sont strictes, mais au moins tout est clair quand on fait les choses correctement ».
Une responsabilité désormais partagée avec les intermédiaires
Depuis la loi Élan (2018), les agences immobilières et administrateurs de biens ont également une part de responsabilité dans le respect du dispositif. Ils doivent s’assurer qu’un logement dispose bien d’une autorisation avant toute mise en location. En cas de manquement, leur responsabilité professionnelle peut être engagée.
- Bailleurs particuliers : obligation directe vis-à-vis de la mairie.
- Agences immobilières : devoir de vérification avant signature du bail.
- Mairies : contrôle et sanction administrative éventuelle.
- Préfectures : pouvoir décisionnel final sur les amendes.

Un outil dissuasif mais perfectible
Derrière ces sanctions se cache une volonté politique claire : responsabiliser les propriétaires tout en protégeant les locataires vulnérables. Si certaines communes comme Saint-Denis ou Valenciennes observent déjà une amélioration notable du parc locatif depuis 2023, d’autres dénoncent un manque de moyens humains pour effectuer les contrôles nécessaires.
Permis De LouerRefus du permis de louer : voici les recours possibles pour les bailleursL’efficacité réelle du permis de louer dépendra donc autant des moyens alloués que de la pédagogie menée auprès des propriétaires. La plupart des experts interrogés s’accordent à dire qu’une meilleure information publique éviterait bien des litiges inutiles et préserverait la confiance entre bailleurs et collectivités locales.
Aujourd’hui plus que jamais, ignorer ce dispositif revient à prendre un risque financier considérable — et surtout à compromettre durablement sa crédibilité sur le marché locatif local.



On apprend tous les jours quelque chose de nouveau ici ! 🙂
C’est dingue le nombre d’autorisations qu’il faut juste pour louer un appart…
Les sanctions sont lourdes mais nécessaires selon moi.
Pas sûr que toutes les mairies aient vraiment les moyens de contrôler tout ça.
Cet article m’a évité une belle bêtise, merci beaucoup 🙏
Toujours plus de lois et moins de logements disponibles au final…
Encore un truc inventé pour remplir les caisses de l’État 😂
Est-ce que les locations saisonnières type Airbnb sont concernées aussi ?
J’ai trouvé des fautes dans le texte 😉 mais sinon c’est instructif.
Mon agence ne m’a jamais parlé de ça, ils sont censés le savoir pourtant ! 😠
C’est fou qu’autant de propriétaires ignorent encore cette règle…
Excellent résumé du dispositif. Bravo au rédacteur !
Les amendes sont abusées. On dirait qu’on veut décourager la location privée.
Trop compliqué pour les particuliers, surtout ceux qui ont un seul bien à louer.
Super article, clair et précis. Merci !
Je me demande si beaucoup de gens se font réellement sanctionner 🤔
Ça devrait être obligatoire partout, franchement !
J’ai eu un contrôle l’an dernier, tout s’est bien passé heureusement 🙂
Pourquoi certaines communes l’appliquent et d’autres non ? Ce n’est pas très équitable.
Je trouve que c’est encore une usine à gaz administrative…
Les sanctions me paraissent justes, il faut protéger les locataires quand même.
Article très utile, on n’en parle pas assez dans les médias.
C’est bien expliqué, mais j’aimerais savoir comment faire la demande concrètement ?
Encore une paperasse de plus… ça devient fatiguant en France 😅
Merci pour les infos, je vais vérifier si ma commune l’a mis en place.
5 000 € d’amende 😳 c’est énorme, surtout pour les petits propriétaires.
Je ne savais même pas que ce permis existait avant de lire cet article !