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Ses locataires Airbnb ont dépensé 1300€ d’électricité en 3 semaines : ils minaient des cryptomonnaies

Un propriétaire pensait accueillir de simples voyageurs via Airbnb mais la facture d’électricité de plus de 1300 euros révélait une activité bien plus énergivore et inattendue dans son logement.

En plein hiver, dans une petite commune de l’Essonne, un hôte Airbnb a découvert que sa maison n’avait pas seulement abrité des touristes. Trois semaines après leur départ, la facture d’électricité s’est envolée.

Une consommation anormale, sans signe visible d’un dysfonctionnement. Puis une vérification minutieuse a mis au jour un scénario singulier : les locataires avaient transformé le salon en mini‑ferme de minage de cryptomonnaies.

Une consommation électrique qui interpelle

Le propriétaire, Alexandre M., raconte avoir d’abord cru à une erreur du fournisseur EDF avant de se rendre compte que la hausse provenait de son propre compteur. Entre le 3 et le 24 décembre, la consommation avait triplé par rapport à la même période un an plus tôt. La maison était pourtant occupée par trois jeunes adultes se présentant comme des étudiants venus « travailler à distance ».

« J’ai ouvert ma facture et j’ai vu 1 327 euros. J’ai cru à un bug du système », explique Alexandre M., encore abasourdi. « Quand j’ai visionné les images de ma caméra extérieure, j’ai compris que quelque chose clochait. Ils transportaient des caisses remplies de matériel informatique. »

L’explication s’impose rapidement : les locataires exploitaient discrètement plusieurs machines dédiées au calcul intensif, utilisées pour valider des transactions sur des blockchains comme Ethereum ou Monero. Ce type d’équipement – souvent composé d’unités GPU haute performance – consomme plusieurs centaines de watts en continu.

Le minage clandestin s’invite dans les locations saisonnières

Les forces de l’ordre du commissariat d’Évry ont confirmé avoir reçu une plainte pour usage frauduleux d’énergie. Une enquête préliminaire a été ouverte sous la direction du parquet d’Évry‑Courcouronnes. Selon un rapport interne consulté par nos soins, le matériel saisi correspondait à huit cartes graphiques NVIDIA RTX 3080 et deux alimentations industrielles.

Équipement identifié Puissance moyenne (W) Consommation sur 3 semaines (kWh)
8 GPU RTX 3080 320 430 kWh
2 alimentations PSU 1200W 2400 403 kWh
Total estimé 833 kWh

D’après Enedis, un foyer français moyen consomme environ 400 kWh par mois. Le logement loué via Airbnb en aurait donc utilisé plus du double en moins de vingt jours. Un écart difficile à ignorer.

Des pratiques difficiles à détecter mais coûteuses pour les hôtes

L’incident n’est pas isolé. Selon l’association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV), plusieurs propriétaires ont signalé depuis 2024 des hausses soudaines liées à ce type d’usage clandestin. Ces cas restent marginaux mais traduisent une nouvelle forme d’abus numérique, rendue possible par la simplicité des locations temporaires et l’accès libre aux compteurs électriques.

  • Une location courte durée favorise l’anonymat et complique la détection rapide.
  • L’activité ne laisse aucune trace sonore ni matérielle visible.
  • L’électricité est incluse dans le prix, ce qui supprime toute incitation à modérer la consommation.
  • L’exploitation est rentable tant que la facture reste au nom du propriétaire.

L’affaire a poussé Airbnb France à rappeler ses conditions générales d’utilisation : toute activité commerciale non déclarée ou contraire aux lois locales peut entraîner la suspension du compte utilisateur. L’entreprise dit « coopérer pleinement avec les autorités françaises » lorsqu’un signalement est confirmé.

Comment prévenir ce type de dérive énergétique ?

Afin d’éviter ce genre de mésaventure, plusieurs solutions se dessinent selon les experts en gestion locative interrogés :

Moyen préventif Description succincte
Relevé systématique du compteur avant et après chaque location Permet d’attribuer précisément la consommation réelle au locataire concerné.
Mention contractuelle interdisant toute activité informatique intensive Dissuade légalement le minage ou tout usage industriel non déclaré.
Surveillance énergétique connectée (Linky ou équivalent) Alerte automatique en cas de pic inhabituel.
Caution renforcée pour les séjours longue durée avec électricité incluse Couvre partiellement les risques financiers liés aux excès.

L’avocat spécialisé en droit immobilier Maître Sarah Delaunay souligne que « le propriétaire reste responsable vis‑à‑vis du fournisseur tant qu’aucune fraude manifeste n’est prouvée ». Elle recommande donc « de conserver toutes les preuves techniques et échanges avec Airbnb afin d’obtenir réparation rapide si nécessaire ».

Vers une meilleure transparence énergétique dans la location courte durée

Face à ces cas émergents, certains bailleurs installent désormais des compteurs secondaires connectés ou intègrent dans leurs annonces une clause dite « anti‑crypto ». Le but n’est pas seulement dissuasif : il vise aussi à responsabiliser les voyageurs sur l’usage raisonné de l’énergie dans un contexte où le prix du kilowattheure reste élevé – autour de 0,25 € TTC selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

« Je ne veux pas devenir méfiant envers mes futurs locataires, mais je préfère prévenir que subir encore une telle surprise », confie Alexandre M., qui continue malgré tout à louer son bien.

L’incident aura servi d’avertissement silencieux à toute une communauté d’hôtes particuliers. Derrière l’apparente simplicité du partage temporaire se cachent parfois des usages détournés qui rappellent qu’une vigilance minimale demeure nécessaire — non pas par paranoïa, mais par bon sens économique et écologique.

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