Les propriétaires qui louent ponctuellement leur logement sur des plateformes comme Airbnb, Abritel ou Booking.com se préparent à une période de transition délicate.
Depuis la publication du décret d’application de la loi « Hébergement Responsable » fin décembre, les conditions d’enregistrement et de durée de location changent profondément. Derrière ces ajustements administratifs se cache une volonté politique claire : rééquilibrer le marché locatif dans les grandes villes où la pression immobilière reste forte.
Un durcissement attendu mais brutal pour les hôtes
La nouvelle réglementation impose désormais une limitation stricte à 90 jours par an pour les résidences principales, contre 120 auparavant. Pour les résidences secondaires, seules celles situées dans des zones non tendues pourront encore être louées librement.
ActualitéRetraité : encore une mauvaise nouvelle, forte baisse pour 3 millions de bénéficiaires dès février 2026 à cause des nouveaux taux de CSGDans les métropoles comme Paris, Lyon, Bordeaux ou Nice, il faudra désormais obtenir une autorisation préalable délivrée par la mairie, souvent conditionnée à une compensation équivalente en surface locative classique.
Selon les chiffres communiqués par Airbnb France, près d’un logement sur cinq ne pourra pas se conformer à ces nouvelles exigences avant l’été. Cela représente environ 140 000 annonces qui devront être suspendues ou retirées de la plateforme. Le ministère du Logement confirme ce chiffre : « Nous estimons qu’environ 20 % des annonces actuelles sortiront temporairement du marché afin de respecter les nouvelles obligations », indique un porte-parole contacté par nos soins.

Des propriétaires désemparés face à la complexité des démarches
« J’ai commencé à louer mon appartement à Nantes pendant mes déplacements professionnels », raconte Claire D., hôte depuis 2019. « Je respectais déjà toutes les obligations locales, mais avec cette nouvelle loi je dois refaire mon enregistrement et réduire mes périodes disponibles. Je ne sais même pas si cela restera rentable. »
Comme Claire, des milliers de particuliers expriment leur frustration face aux démarches administratives jugées lourdes et peu claires. Les associations de propriétaires dénoncent une mesure disproportionnée qui risque d’affecter l’économie locale — notamment dans les régions touristiques où la location saisonnière constitue un complément de revenu essentiel.
D’après l’Union nationale pour la promotion de la location meublée (UNPLM), environ 60 % des hôtes français n’ont qu’un seul bien mis en location et utilisent ces revenus pour compenser le coût du logement ou financer des travaux énergétiques. Une contraction soudaine de l’offre pourrait donc fragiliser cette catégorie de bailleurs occasionnels.
Les villes touristiques entre soulagement et inquiétude
Du côté des municipalités, les réactions restent partagées. À Paris, Anne Hidalgo a salué « une avancée nécessaire pour redonner aux habitants le contrôle sur leur parc immobilier ». À Marseille ou Biarritz, en revanche, plusieurs élus alertent sur un possible recul du tourisme local si l’offre venait à baisser trop vite.
| Ville concernée | Taux d’annonces potentiellement supprimées | Nombre approximatif d’annonces actives fin 2025 |
|---|---|---|
| Paris | 25% | 45 000 |
| Lyon | 18% | 11 000 |
| Bordeaux | 22% | 9 500 |
| Nantes | 17% | 6 200 |
| Nîmes et Montpellier | 15% | 8 700 cumulées |
L’avenir incertain du modèle Airbnb en France
D’ici juillet prochain, Airbnb devra adapter ses outils et son accompagnement pour aider ses hôtes français à rester conformes aux nouvelles règles. La plateforme a déjà annoncé la mise en place d’un module automatisé permettant de vérifier la validité des numéros d’enregistrement municipaux avant toute mise en ligne d’annonce.
- Mise en conformité obligatoire avant le 1er juillet.
- Suspension automatique des annonces non enregistrées.
- Aide administrative proposée via un espace dédié aux hôtes.
- Négociations ouvertes avec plusieurs mairies pour simplifier le processus.
Derrière cette réforme se joue aussi un enjeu plus large : celui du logement abordable dans les métropoles françaises. En restreignant les locations touristiques de courte durée, le gouvernement espère libérer plusieurs dizaines de milliers d’appartements vers le marché locatif traditionnel. Un pari risqué mais assumé par le ministre Patrice Vergriete qui estime que « l’équilibre entre attractivité touristique et droit au logement doit enfin être restauré ».
ActualitéVoici comment savoir si vos empreintes digitales sont connues des services de police « plus de 12 millions y sont recensés »D’ici l’été, le visage du marché français des locations saisonnières aura donc changé en profondeur. Si certains y voient une contrainte excessive, d’autres espèrent enfin voir se desserrer la tension immobilière dans les centres-villes saturés. Une certitude : cette nouvelle étape redéfinit durablement la relation entre plateformes numériques et politiques publiques locales.



Abusé encore
Je me demande si cette loi va vraiment libérer des logements pour les habitants ou si c’est juste un effet d’annonce politique… 🤔