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Péage : c’est officiel, cette autoroute française gratuite depuis 40 ans va devenir payante à partir de cette date

Depuis plus de quatre décennies, des milliers d’automobilistes empruntent chaque jour gratuitement cet axe majeur du sud-ouest, un ruban routier stratégique qui voit passer près de 30 000 véhicules quotidiens selon Vinci Autoroutes.

La décision était redoutée depuis plusieurs mois : une autoroute emblématique, longtemps symbole d’un service public accessible, va changer de statut. Derrière ce virage, l’État met en avant la nécessité d’entretenir et de moderniser un réseau vieillissant. Mais pour les usagers réguliers, la nouvelle sonne comme une rupture avec quarante ans d’habitude.

Un axe historique au cœur des mobilités régionales

L’autoroute A63, reliant Bordeaux à Bayonne sur près de 150 kilomètres, avait été rendue gratuite sur sa portion entre Saint-Geours-de-Maremne et Bayonne en 1986. À l’époque, l’État justifiait cette gratuité par le caractère régional du trafic et la volonté d’encourager le développement économique du Pays basque. Aujourd’hui, la donne a changé : plus dense, plus fréquentée et plus coûteuse à entretenir.

Selon les données du ministère chargé des Transports, la circulation a augmenté de 47 % en vingt ans sur ce tronçon. Les coûts d’entretien se sont envolés : près de 12 millions d’euros par an seraient nécessaires pour maintenir l’infrastructure dans un état optimal.

Pourquoi la gratuité prend fin

D’après un communiqué conjoint publié par la Direction générale des infrastructures et Vinci Autoroutes, la portion concernée passera sous concession privée à partir du 1er septembre 2026. Le contrat prévoit une durée initiale de quinze ans. L’opérateur s’engage à rénover intégralement les chaussées et à implanter des dispositifs anti-bruit dans les zones habitées voisines.

Le ministère évoque un modèle « plus équitable » : faire contribuer ceux qui utilisent réellement l’infrastructure. Une logique qui s’inscrit dans le plan gouvernemental de transition budgétaire annoncé en 2025, visant à réduire les dépenses publiques liées aux routes non concédées.

« Je fais l’aller-retour Bayonne–Dax presque tous les jours pour mon travail. On savait que ça viendrait tôt ou tard, mais ça reste un choc. Ce n’est pas seulement quelques euros de plus par semaine, c’est un changement dans notre quotidien », confie Patrick L., artisan électricien installé à Tarnos.

Combien coûtera le nouveau péage

Les tarifs ont été fixés provisoirement par arrêté ministériel en décembre dernier. Ils entreront en vigueur dès l’ouverture des gares automatiques prévues sur deux points stratégiques : Ondres au nord et Saint-Jean-de-Luz nord au sud.

Type de véhicule Trajet complet (Saint-Geours–Bayonne) Trajet partiel (Ondres–Bayonne)
Voiture particulière (Classe 1) 3,40 € 1,60 €
Moto (Classe 5) 2,00 € 1,00 €
Poids lourd (Classe 3) 9,80 € 4,20 €

D’après Vinci Autoroutes, les paiements se feront uniquement via télépéage ou carte bancaire sans contact afin d’éviter tout ralentissement important aux barrières.

Des réactions contrastées sur le terrain

Les élus locaux tentent désormais d’obtenir des compensations pour les habitants concernés. La communauté d’agglomération du Pays Basque a déjà adressé une demande officielle au ministère afin que les résidents bénéficient d’un tarif préférentiel sur présentation d’un justificatif de domicile.

« Nous ne remettons pas en cause la nécessité d’entretenir nos routes. Mais faire payer brutalement après quarante ans sans péage crée forcément une tension sociale. Il faut accompagner cette transition avec du bon sens », estime Patrick L., qui participe aussi à un collectif citoyen né cet hiver.

Vers une généralisation du modèle payant ?

L’A63 n’est pas un cas isolé. D’autres sections gratuites pourraient suivre dans les années à venir si le modèle fait ses preuves économiquement. Selon une note interne consultée auprès de la Cour des comptes début janvier, près de 450 kilomètres d’autoroutes non concédées seraient potentiellement concernées par une mise sous gestion privée avant 2030.

  • A28 entre Alençon et Rouen : étude en cours pour transfert partiel à Eiffage;
  • A75 dans le Massif central : projet suspendu mais toujours évoqué;
  • A31 bis en Lorraine : discussions avancées avec APRR pour modernisation conjointe.

Derrière ces projets se pose une question centrale : celle du financement durable des infrastructures routières françaises face au recul constant des budgets publics. Les automobilistes devront donc s’habituer progressivement à contribuer davantage pour conserver un réseau sûr et performant — même si le débat sur la justice territoriale est loin d’être clos.

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