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Permis de louer : « mon logement a été refusé à la location », que faire ?

Depuis la mise en place progressive du permis de louer dans plus de 200 communes françaises, plusieurs centaines de logements ont déjà été jugés non conformes avant leur mise en location, une situation qui surprend encore de nombreux propriétaires.

Le dispositif du permis de louer, instauré par la loi ALUR et renforcé par la loi ÉLAN, vise à lutter contre l’habitat indigne. En pratique, certaines communes exigent une autorisation préalable avant toute nouvelle location. Mais lorsque le verdict tombe et qu’un logement est refusé à la location, les démarches peuvent rapidement devenir un casse-tête administratif et financier pour le propriétaire.

Un dispositif local mais aux conséquences nationales

Le permis de louer s’applique uniquement dans les zones définies par arrêté municipal ou intercommunal. À Lille, Roubaix, Marseille ou encore Saint-Denis, ce contrôle préalable permet aux collectivités d’évaluer la salubrité des logements avant leur mise sur le marché locatif.

Les chiffres communiqués par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) montrent une hausse sensible des contrôles depuis 2023 : plus de 12 000 demandes déposées et près de 15 % refusées pour non-conformité.

Les motifs sont variés : installations électriques vétustes, absence d’aération suffisante, humidité excessive ou encore sécurité incendie défaillante. Le refus n’est pas anodin : il bloque toute mise en location jusqu’à régularisation complète du logement concerné.

« J’ai acheté un petit T2 à Roubaix pour le louer à un étudiant. J’ai fait ma demande d’autorisation comme prévu… et j’ai reçu un refus pour cause d’humidité au plafond et ventilation insuffisante. Je ne m’attendais pas à devoir refaire autant de travaux avant même d’avoir un locataire », témoigne Marc L., propriétaire depuis deux ans.

Comprendre les causes du refus avant d’agir

La première étape consiste à analyser le rapport technique transmis par la collectivité. Ce document détaille les anomalies constatées et mentionne les articles du Code de la construction concernés. Dans certains cas, les défauts relèvent simplement d’un entretien négligé ; dans d’autres, ils nécessitent une réhabilitation structurelle.

Pour mieux s’y retrouver, voici quelques exemples typiques observés lors des inspections :

Type d’anomalie Conséquence sur l’autorisation Solution possible
Circuit électrique dangereux Refus immédiat Mise aux normes par un électricien certifié Qualifelec
Taux d’humidité supérieur à 60% Sursis ou refus temporaire Assainissement, déshumidification et vérification des infiltrations
Absence de détecteur incendie Mise en conformité demandée sous délai court Installation conforme à la norme NF EN 14604

Les démarches pour corriger la situation

Dès réception du refus, le propriétaire doit entreprendre les travaux correctifs mentionnés dans le rapport. Une fois ceux-ci réalisés, une nouvelle demande peut être déposée en mairie ou auprès du service habitat compétent — souvent rattaché à l’intercommunalité. La deuxième inspection est généralement plus rapide car limitée aux points signalés précédemment.

Certaines aides financières existent pour accompagner ces mises en conformité : subventions de l’ANAH via le programme « Habiter sain », prêts bonifiés proposés par Action Logement ou encore réductions fiscales dans le cadre du dispositif Loc’Avantages si le bien est destiné à une location sociale ou intermédiaire.

« Après avoir refait la ventilation mécanique et repeint toutes les pièces touchées par l’humidité, j’ai redéposé mon dossier auprès de la Métropole européenne de Lille. Trois semaines plus tard, j’ai obtenu mon autorisation définitive. C’est long mais ça m’a forcé à remettre mon bien au niveau », confie Marc L.

Prévenir plutôt que subir : anticiper les contrôles futurs

L’expérience montre que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard leurs obligations. Avant tout projet locatif dans une commune soumise au permis de louer — dont la liste actualisée est disponible auprès des préfectures — il est conseillé d’effectuer un autodiagnostic complet avec un professionnel certifié (diagnostiqueur immobilier ou architecte). Cela permet d’éviter un refus coûteux et des délais administratifs prolongés.

  • Vérifier régulièrement les installations électriques et gaz selon les diagnostics obligatoires DPE et ERP ;
  • S’assurer que chaque pièce dispose d’une aération naturelle ou mécanique efficace ;
  • Maintenir un niveau minimum d’isolation thermique pour éviter condensation et moisissures ;
  • Conserver tous les justificatifs des travaux effectués pour faciliter toute future demande.

Vers une généralisation progressive du contrôle locatif ?

Certaines associations comme la Fondation Abbé Pierre saluent ce dispositif comme un moyen concret de lutte contre l’habitat indigne. D’autres y voient une complexification administrative freinant l’investissement locatif privé. Les débats se poursuivent entre élus locaux et représentants des propriétaires — notamment au sein de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) — sur l’équilibre entre protection des locataires et liberté du marché immobilier.

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Derrière ces discussions techniques se dessine une réalité partagée : remettre sur le marché des logements sains reste prioritaire face à la pénurie croissante dans certaines métropoles. Et si obtenir son permis prend parfois plus de temps que prévu, c’est aussi la garantie que chaque futur occupant bénéficie d’un logement digne et sécurisé.

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