Lorsqu’une entreprise est placée en redressement, les salariés se retrouvent souvent dans une zone grise faite d’incertitudes et de démarches administratives complexes. Entre l’attente d’un repreneur, la garantie des salaires par l’AGS et les possibilités de reclassement, chaque étape compte. L’objectif est clair : comprendre ses droits pour agir au bon moment.
Comprendre la procédure de redressement judiciaire
Le redressement judiciaire est une procédure encadrée par le Code de commerce, ouverte aux entreprises qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes mais dont le maintien d’activité reste envisageable. Elle débute sur décision du tribunal de commerce après dépôt de bilan. Un administrateur judiciaire est alors nommé pour évaluer la situation économique et sociale.
Pendant cette période, les contrats de travail sont maintenus. Les salaires dus avant le jugement d’ouverture sont pris en charge par l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), un organisme financé par les cotisations patronales. Les salaires postérieurs au jugement, eux, doivent être assurés par l’entreprise en activité surveillée.
« Quand notre société a été placée en redressement, on ne savait pas si on devait continuer à venir travailler ou attendre les licenciements », raconte Sophie M., ancienne comptable dans une PME industrielle du Nord. « C’est le délégué du personnel qui nous a expliqué le rôle de l’administrateur et comment contacter l’AGS. »

Les recours des salariés pour obtenir leur indemnisation
Dès l’ouverture du redressement, les salariés ont trois leviers principaux pour sécuriser leurs revenus et créances sociales :
- La saisine du représentant des salariés désigné par le tribunal ;
- La déclaration individuelle des créances salariales auprès du mandataire judiciaire ;
- Le recours à l’AGS pour la prise en charge rapide des sommes dues.
L’AGS couvre notamment les salaires impayés, les indemnités compensatrices (congés payés, préavis) et les dommages-intérêts prononcés par un conseil de prud’hommes avant ou pendant la procédure. Le versement intervient généralement sous deux à quatre semaines après validation du relevé des créances.
Reclassement et accompagnement vers un nouvel emploi
Si la reprise d’activité s’avère impossible, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) peut être mis en place sous contrôle de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Ce dispositif prévoit des mesures concrètes : formation professionnelle, accompagnement personnalisé ou aide à la création d’entreprise.
Les cellules spécialisées comme Transitions Pro ou Pôle Emploi accompagnent également les salariés concernés afin d’assurer une continuité professionnelle. Le reclassement peut se faire au sein du groupe si celui-ci existe ou auprès d’entreprises partenaires identifiées par le mandataire judiciaire.
| Démarche | Interlocuteur principal | Délai moyen |
|---|---|---|
| Déclaration des créances salariales | Mandataire judiciaire | Deux mois après publication au BODACC |
| Paiement via AGS | Représentant des salariés / AGS | Deux à quatre semaines après validation |
| Proposition de reclassement interne ou externe | DREETS / Administrateur judiciaire | Pendant toute la période d’observation (six mois renouvelables) |
Rachat ou poursuite d’activité : quel impact sur les contrats ?
L’un des objectifs majeurs du redressement reste la recherche d’un repreneur. Si une offre est validée par le tribunal, elle entraîne souvent un transfert partiel ou total des contrats de travail selon l’article L1224-1 du Code du travail. Les salariés concernés conservent leur ancienneté et leurs droits sociaux.
« Nous avons été repris par un groupe voisin après quatre mois d’incertitude », explique Sophie M. « On a gardé nos postes mais avec un nouveau management plus rigoureux sur la production. Au moins, on a pu éviter le licenciement collectif. »
L’administrateur judiciaire examine chaque offre selon sa solidité financière et son projet industriel. La priorité va aux repreneurs capables de maintenir le plus grand nombre d’emplois possible tout en garantissant une viabilité économique durable.

Ce qu’il faut retenir avant toute démarche personnelle
Pour chaque salarié concerné par un redressement judiciaire, trois réflexes doivent guider les décisions : rester informé via le représentant du personnel, déposer rapidement ses créances auprès du mandataire et suivre attentivement les communications officielles publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC).
ActualitéVoici comment savoir si vos empreintes digitales sont connues des services de police « plus de 12 millions y sont recensés »L’expérience montre que ceux qui se mobilisent dès les premières semaines conservent davantage leurs droits financiers et bénéficient mieux des dispositifs de reclassement proposés par les institutions publiques.
Aujourd’hui encore, près d’un quart des entreprises passées en redressement trouvent une solution durable grâce à un plan approuvé ou à une reprise partielle selon les données consolidées par la Banque de France — preuve qu’au-delà des chiffres, chaque dossier garde une issue possible lorsque salariés et acteurs judiciaires coopèrent activement.



Enfin un article qui explique simplement sans jargon incompréhensible 👌
C’est bizarre, mon administrateur judiciaire ne nous a jamais parlé de reclassement…
Les délais annoncés (2 à 4 semaines) sont parfois bien plus longs dans la réalité 😒
Trop juridique à mon goût mais très instructif quand même.
Je n’avais jamais entendu parler du BODACC avant aujourd’hui. Merci pour cette découverte utile !
Toujours impressionné par la complexité du droit du travail français…
L’article mériterait une infographie synthétique pour résumer tout ça visuellement 😊
Perso j’ai eu affaire à Transitions Pro après une liquidation, ils ont été top 👏
C’est quoi exactement le rôle du représentant des salariés désigné par le tribunal ?
Dommage que ce genre d’informations ne soit pas plus diffusé dans les entreprises en difficulté.
L’article est complet mais un peu long à lire sur mobile 📱
Très bon rappel sur la déclaration des créances salariales. Beaucoup oublient cette étape cruciale.
On parle beaucoup des salariés, mais qu’en est-il des intérimaires dans ce genre de situation ?
Ça aurait été bien d’ajouter un exemple concret de procédure AGS avec délais réels.
Cet article arrive pile au bon moment pour moi. Mon entreprise vient d’être placée en redressement 😕
Je me demande si la DREETS aide vraiment efficacement ou si c’est juste administratif…
Petite faute dans le texte : « au moins, on a pu éviter le licenciement collectif » → c’est pas une faute mais j’ai tiqué 😄
Merci à l’auteur pour les tableaux récapitulatifs, très utiles pour s’y retrouver.
Est-ce qu’on peut refuser une proposition de reclassement si elle est trop loin géographiquement ?
Trop administratif tout ça… on dirait qu’il faut un avocat juste pour suivre les démarches 😅
C’est rassurant de savoir que les salaires sont garantis par l’AGS, je croyais qu’on perdait tout…
Bon courage à tous ceux qui passent par là, j’y suis passé aussi et c’est dur moralement 😔
Question bête : c’est quoi la différence entre redressement et liquidation judiciaire ?
Article complet et bien écrit 👍 Merci pour ces précisions juridiques.
Je trouve qu’on parle trop peu du rôle du mandataire judiciaire, alors qu’il est central.
Est-ce que le PSE est obligatoire dans tous les cas ou seulement si licenciement collectif ?
J’ai vécu un redressement l’an dernier… c’est exactement ça, le pire c’est l’attente et le manque d’infos.
Franchement, tout ça reste hyper flou pour beaucoup de salariés, faudrait un guide plus simple !
Super intéressant, je ne savais pas que les contrats étaient maintenus pendant toute la période d’observation 😊
Petite question : l’AGS intervient-elle aussi pour les primes non versées avant le jugement ?
Merci pour cet article très clair, ça m’a vraiment aidé à comprendre mes droits en cas de redressement.