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AAH : 237 euros de plus par mois, qui sont les gagnants de la réforme de cette aide de la CAF ?

Alors que près de 1,3 million de personnes perçoivent aujourd’hui l’Allocation aux adultes handicapés, la réforme entrée en vigueur promet une revalorisation moyenne de 237 euros mensuels pour certains bénéficiaires sans que tous n’en profitent.

L’Allocation aux adultes handicapés (AAH), gérée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) et par la Mutualité sociale agricole (MSA), a longtemps été critiquée pour ses critères jugés injustes envers les personnes vivant en couple. Depuis son « déconjugalisation », la prestation change profondément : le calcul ne tient plus compte des revenus du conjoint. Une décision annoncée dès 2022, mais pleinement appliquée seulement à partir d’octobre 2023, dont les effets se font désormais sentir dans les foyers.

Une réforme attendue depuis des années

L’AAH est une aide financière destinée à garantir un revenu minimal aux personnes handicapées âgées d’au moins 20 ans (ou 16 ans si elles ne sont plus à charge). Son montant maximal atteint actuellement 971,37 euros par mois. Jusque-là, le calcul tenait compte des ressources du ménage, ce qui réduisait considérablement le droit à l’aide pour ceux vivant en couple.

Selon les chiffres transmis par la Direction de la sécurité sociale (DSS), près de 160 000 bénéficiaires ont vu leur allocation augmenter depuis l’application complète de la réforme. Parmi eux, environ 120 000 sont gagnants nets : ils perçoivent désormais jusqu’à 237 euros supplémentaires chaque mois. Mais tout le monde n’est pas concerné.

« Quand j’ai reçu mon nouveau versement en novembre, j’ai cru à une erreur, raconte Sophie Morel, 42 ans, atteinte d’une sclérose en plaques et vivant à Rennes. J’ai enfin pu payer mes soins sans demander d’aide à mon compagnon. Pour moi, c’est une vraie respiration. »

Qui bénéficie réellement des 237 euros supplémentaires ?

Le principe du nouveau calcul repose sur une distinction claire : seules les personnes vivant en couple dont les revenus conjoints étaient auparavant pris en compte voient leur situation évoluer favorablement. Les allocataires célibataires ou isolés ne constatent aucun changement puisqu’ils percevaient déjà l’allocation maximale selon leurs ressources individuelles.

Situation familiale Ancien mode de calcul Nouveau mode de calcul Effet estimé
Personne seule Revenus personnels uniquement Inchangé Aucun impact
Personne en couple avec conjoint percevant un revenu moyen ou élevé Prise en compte des revenus du conjoint Suppression du critère conjugal +150 à +237 €/mois selon les cas
Bénéficiaire dont le conjoint a peu ou pas de revenu Légère réduction initiale compensée partiellement Ajustement neutre ou positif faible +0 à +50 €/mois environ

L’impact financier et social sur les foyers concernés

D’après une étude menée par la DREES publiée fin 2025, cette mesure représente un coût global évalué à environ 560 millions d’euros par an pour l’État. Si cette somme peut paraître importante, elle reflète surtout une volonté politique affichée : reconnaître l’autonomie financière des personnes handicapées au sein du couple.

« C’est surtout une question de dignité, insiste Sophie Morel. Avant, je me sentais dépendante du salaire de mon compagnon alors que j’ai toujours voulu garder mon indépendance financière. Aujourd’hui, on partage différemment nos dépenses. »

Cependant, tous ne sortent pas gagnants. Environ 45 000 foyers seraient légèrement perdants selon la DSS. Ces situations concernent souvent des couples où le bénéficiaire avait un taux réduit tenant compte des revenus très modestes du conjoint. Un dispositif dit “de maintien” permet néanmoins d’éviter toute baisse brutale pendant plusieurs mois.

Les réactions et les perspectives pour 2026

La Fédération nationale des associations d’usagers en situation de handicap (Fnath) salue « un progrès concret vers plus d’équité sociale ». Du côté des CAF départementales, on note une hausse significative des demandes de réexamen depuis octobre dernier — signe que beaucoup cherchent à comprendre leurs nouveaux droits.

  • L’État prévoit un suivi renforcé jusqu’à fin 2026 pour mesurer l’impact réel sur le niveau de vie moyen des bénéficiaires.
  • Les associations réclament déjà une revalorisation supplémentaire afin d’aligner progressivement l’AAH sur le seuil officiel de pauvreté fixé à environ 1 158 € mensuels.
  • Certains économistes alertent sur un risque budgétaire si le nombre d’allocataires augmente fortement dans les prochaines années.

Derrière ces chiffres se jouent des réalités humaines diverses. Pour certains ménages modestes, ces 237 euros changent radicalement le quotidien ; pour d’autres, ils symbolisent simplement un rattrapage attendu depuis trop longtemps. La réforme marque ainsi un tournant dans la reconnaissance économique et sociale du handicap en France — moins spectaculaire qu’un grand plan national, mais sans doute plus tangible pour ceux qui vivent chaque jour avec cette allocation comme principale ressource.

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